Ce soir c'est la nuit du doute ( lil't e'chek ) Si quelqu'un aperçoit le croissant lunaire sur le territoire algérien alors demain sera le premier jour du Ramdhan. Marhaba bi sidna Ramadhan! ( Bienvenu à notre seigneur Ramadhan!)
"J'entretenais un drôle de rapport avec la religion et avec Dieu que j'invoquais en toute circonstance. Elevé dans la déférence la plus stricte de celle-ci, je la respectais donc. Tout d'abord parce que je respectais profondément ma mère, mes s½urs, mes voisins. On m'avait toujours menacé « Crains Dieu ! » On s'était évertué à m'inculquer la crainte de Dieu. Je crois que c'est ce qui nous différencie des autres religions qui prônent, d'après les échos qui me sont parvenus, l'amour de Dieu. J'avais appris par c½ur, à peine sorti des couches « Dis que Dieu est unique, absolu, il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus et nul n'est égal à lui » je savais écrire ce verset avant même que d'apprendre l'alphabet. On me disait « c'est comme ça et pas autrement. » Tu ne dois pas te poser de questions. Les choses sont ainsi et tu ne dois jamais essayer de les remettre en question.
Certes, certes.
Mais quand même :
C'était le grand jour de l'Aïd el kébir, ou Aïd el Adha, mon oncle maternel s'était proposé pour le sacrifice du mouton, dans le jardin, j'étais sorti habillé de neuf pour l'observer. Celui-ci, se sentant un peu responsable de mon éducation, m'expliqua patiemment le sens de ce rite que nous accomplissions : Dieu n'a pas voulu que Sidna Ibrahim lui sacrifie son propre enfant et lui a ordonné à la place d'immoler un mouton. Ce qui était censé refléter dans mon esprit l'expression de l'incommensurable mansuétude du tout puissant me laissa perplexe. Emporté par ma naïveté juvénile, du haut de mes 10 ans, je me permettais la plus insensée, la plus périlleuse, la plus stupide aussi des questions qui soit :
- Mais enfin pourquoi Dieu a-t-il besoin que l'on verse du sang en son honneur ?
Ah ! Je l'ai pas vu venir mon frère ! c'est tout ce que je peux te dire.
Ce jour de fête et de joie où le sang ovin coule a flot, garde, et gardera toujours pour moi un arrière goût de sang humain, le mien, celui qu'un jour mon oncle maternel, avait fait jaillir de mes narines. Pour avoir cherché à comprendre"
(extrait de "par-dessous la meida")