Présentation de l'éditeur

Présentation de l'éditeur
Alors que les événements politiques secouent l'Algérie dans les années 90, Zinou est un jeune homme qui a la passion des langues. Il sait que ces dernières peuvent lui ouvrir les portes de la liberté, sur les pays de l'autre côté de la Méditerranée, sur le "pays des gens" Bled e'nness. Zinou sait qu'il est passible de mort dans le nouvel ordre à venir ; Zinou est homosexuel. Malgré sa timidité, il trouvera l'amour avec Rafiq, un jeune Algérien audacieux qui lui permet de s'épanouir, de connaître Paris, même si tout n'est pas facile avec lui. Zinou, le timide, le sensible, toujours au bord des larmes, découvre sa force intérieure et décide d'écrire, pour son frère humain, ce texte lucide et poignant, pudique et savoureux. Il lui en propose la lecture à la place qui lui est dévolue dans sa société, par-dessous la table où se réunissent les convives : par-dessous la Meïda. Ce très beau texte raconte les difficultés de vivre sa différence en Algérie, mais aussi les bonheurs qui font de ce pays meurtri un pays magnifique et d'Alger, une capitale inoubliable.

Éditions bonobo – 5, rue Principale 27110 Villettes (France)





Biographie:

Aniss A. est né en 1969. Dans ce premier roman, le jeune auteur algérien raconte la difficulté de vivre sa diffé-
rence en Algérie, mais aussi les bonheurs qui font de ce pays meurtri un pays magnifique.
Un très beau texte, plein de sensibilité, émaillé de réflexions humoristiques sur la famille, la tradition et le pou-
voir.
Une satire sociale sur fond de corruption alors que les politiques se livrent bataille dans les années 90 et que le F.I.S. essaie d'imposer sa vision de la société algérienne.
Le pseudonyme de l'auteur est un pied de nez à la société qui le rejette puisque «Anissa» veut dire en arabe :
Mademoiselle.


Extrait:

Pour la première fois depuis si longtemps, je me suis retrouvé seul.
Le visage inquiet de Rafiq à travers la vitre du véhicule qui l'emmenait, cette veille d'élection,
apparaissait dans ma mémoire de plus en plus floue.
Avais-je bien vécu tout ça ?
Le micro-ordinateur me faisait face, les Ray-ban, cadeau de Rafiq, dont je ne m'étais jamais séparé trônaient à coté du clavier.
Une voix m'a soufflé :
« Si tu n'en parles pas, si tu ne l'écris pas, c'est que ça n'a pas existé, les choses n'existent que si elles sont dites ou écrites ! »
Sans réfléchir, mes doigts, au début hésitants, se sont mis à taper sur les touches, puis ont pris de l'assurance, pour ne plus s'arrêter.
C'était décidé, j'allais rédiger sans fards, mes espoirs, mes déboires, mes tares !
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# Posté le dimanche 17 septembre 2006 12:28

Quelques critiques du livre

Quelques critiques du livre
Voilà un roman étonnant "Par-dessous la meïda" de Aniss A. aux Editions Bonobo paru en novembre 2004.
Lionel DUROI pour Gayvox.com et Atitud-inn.com


Outre la qualité exemplaire de fabrication qu'on ne souligne jamais assez quand il s'agit d'un livre, vous avez là 300 pages du quotidien d'un algérien sensible qui ne la ramène pas.

Tout au long de son ½uvre, notre jeune auteur raconte avec force anecdotes son quotidien en rose et noir. Côté privé, côté publique. Le discret et l'indiscret. L'amour et le politique. L'individuel baigné dans le culturel. Passionnant si vous avez la curiosité d'aller vers l'autre qui diffère dans son c½ur, dans ses m½urs, dans son pays malmené à la mitraille qui déséquilibre les libertés. Un parfum de méditerranée au goût de soleil couchant. C'est un peu triste parfois, souvent drôle aussi et truffé d'expressions que les déracinés reconnaîtront et que les autres apprécieront tant leur poésie est particulière. Evoquant la corruption il est écrit : "Quand on travaille dans le miel, forcément, il est inévitable d'y tremper le doigt". Ou, quand il est de bon ton d'être discret sur un sujet, on dit : "Tiens ta bouche. Méfie toi-même de ton ombre". Enfin, au détour d'un dialogue, vous relèverez peut-être comme moi ce délicieux : "Espèces de civilisés, va ! Hé pisse sur mon chemin que je glisse ! Marche sur mon ombre !"
Les mots sont aussi colorés que les sentiments.

J'espère que vous vous ferez une autre idée de la beauté des c½urs étrangers après cette lecture.



Un roman gai algérien chez Bonobo
Par Hugues Demeusy /La Référence,
le bulletin d'information de l'Union des écrivains gais


Zinou est un jeune Algérien comme les autres, à la différence près qu'il est attiré par les garçons. Au milieu d'une famille très encombrante, il grandit dans la tradition musulmane. Il va découvrir l'amour avec Rafiq, pour qui cette relation n'est pas un problème, tant qu'elle demeure secrète. Zinou, lui, se révolte contre le joug de la morale et des traditions, qui l'empêchent de vivre son amour au grand jour.
Dans les années 90, de graves évènements politiques secouent le pays, déstabilisant encore plus le jeune homme. Il s'engage dans le combat tout en songeant à la France, dont la liberté des m½urs le fait rêver. Il décide d'écrire un journal intime pour un frère imaginaire, et de lui remettre par-dessous la table, puisque toutes ces histoires doivent rester cachées !
Récit autobiographique d'un jeune gai en Algérie, ce premier roman dont l'auteur souhaite garder l'anonymat, nous touche par sa fraîcheur, sa sensibilité et son humour qui parviennent à nous faire ressentir et comprendre totalement les conflits à la fois religieux et politiques, qui ont ravagé l'Algérie à cette époque.




Par-dessous la meïda
par Aniss A.
Francis Lamberg pour LaLucarne.org www.lalucarne.net




Dans les années 90, Zinou est un jeune algérien qui vit dans une paisible et confortable ville de Province.
Deux événements vont bouleverser puis forger le jeune homme : son homosexualité et le chaos politique de son pays. L'un et l'autre de ces événements pousseront Zinou à différentes formes d'engagement, et à un combat personnel et digne contre la tradition, le mensonge et l'hypocrisie. Confronté à la difficulté de vivre son amour pour Rafiq, soumis comme ses concitoyens aux risques de la peste et du choléra (le FIS et le FLN), épris de liberté et de franchise, Zinou finira en France, où il sera un fascinant et postmoderne père par défaut et par conviction.


L'½il de La Lucarne
Le récit autobiographique d'Aniss A. est littéralement porté par un style et une sincérité qui rendent le personnage de Zinou éminemment attachant et provoque une empathie que nous n'avions pas ressentie depuis longtemps pour un personnage de roman. Ses phrases sont légères et efficaces. Elles portent, avec constance tout au long du récit, l'émotion et la description. Le talent est évident et prometteur...


Extraits
"- Alors ?... Elle m'a dit qu'elle mettrait sa main au feu, tant elle est sûre que tu es...
Elle marqua un temps d'arrêt, gênée.
- Que je suis quoi ?! Un criminel, un bandit de grand chemin, un coupeur de têtes ?
Amina restait muette.
- J'ai chié dans une mosquée ?!
Ma dernière réflexion la fit sortir de son mutisme.
- Qu'est-ce que tu peux être vulgaire quand tu t'y mets ! Eh bien, puisque tu insistes, je vais tout te dire, mais surtout ne me le reproche pas ensuite ! Ma mère dit que tu es un pédé...
On y était enfin.
Je n'arrivais pas à retenir mes larmes. Je pleurais de joie !
Ce fut mal interprété par mon amie qui se mit à m'embrasser frénétiquement sur les joues, sur les mains pour me rassurer.
- Ne pleure pas ! Je n'en crois pas un mot ! Je te jure ! s'il te plait, Ssmahli (Pardonne-moi !)
Il ne fallait surtout pas rater une telle opportunité.
- Eh bien oui, c'est vrai ! C'est vrai ! C'est vrai ! "





Et bien d'autres commentaires encore, tous flatteurs, (ça me gene de l'écrire) mais je pense que plus le livre sera connu et plus il y aura de critiques en sa défaveur, je les attends de bon pied, Ahlan oua ssahlan bihoum...
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# Posté le lundi 18 septembre 2006 07:26

Modifié le lundi 18 septembre 2006 10:27

Autour du livre

Autour du livre
Si vous avez le roman en main, vous pouvez donc admirer la couverture qui est l'oeuvre de l'artiste Giliberti Michel, peintre, romancier, chanteur - que sais-je encore - je lui consacrerais un article prochainement .
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# Posté le mardi 19 septembre 2006 08:22

Modifié le mardi 19 septembre 2006 08:34

Dédicace de l'auteur sur Adventice.com

Dédicace de l'auteur sur Adventice.com
Il me semble que j'ai toujours vécu en exil ; le pire genre d'exil qui puisse exister, l'exil intérieur. Enfant, adolescent puis adulte, j'ai toujours eu le sentiment d'être à coté, en dehors, à la périphérie du groupe. Pas par le fait d'une quelconque hostilité à mon égard, tout du moins dans mon enfance, mais parce que je me sentais étranger ; blâmable ne pas être apte à m'intégrer à la communauté, à la tribu, au clan; coupable de ce que je ressentais au plus profond de moi. A 15 an je pensais avoir trouvé la solution pour rompre mon isolement : Dieu serait mon seul compagnon. Je me plongeais dans la prière et ne quittais pratiquement plus la mosquée ; hélas, je finis par m'en convaincre, Dieu, allez savoir pourquoi, n'était pas là pour moi. Ou alors mon c½ur était il trop sec pour accueillir la foi ? Si bien qu'au début des années 90, avec le tsunami islamistes qui déferla sur l'Algérie, je réunissais tous les critères de l'ennemi à abattre : homosexuel, de peu de foi, francophone, viscéralement épris de paix... Ma chance fut que j'étais tellement « à coté »depuis si longtemps que j'étais devenu transparent, invisible, pour tout le monde. C'est pourquoi il m'a semblé tout naturel d'intituler mon livre « par dessous la meïda » : Par dessous la table où se réunissent les convives qui se bâfrent à satiété tandis que d'autres attendent patiemment, aux pieds des chaises, quelques miettes, d'autres qui se prennent des coups de rangers dans la figure, et d'autres qui observent... Et ce qu'ils voient n'est pas toujours du meilleur goût. Car si Zinou, le personnage principal, prend peu a peu conscience que son homosexualité n'est pas un délit, il découvre aussi grâce à son complice Rafiq, la quête de la citoyenneté, de la démocratie sans laquelle il n'y aura jamais d'avancée pour les siens.( A l'heure de la commémoration des crimes nazi, il n'est pas inutile de rappeler ce que peut donner un régime totalitaire) Dans les pays arabes, il est illusoire d'attendre des progrès dans ce domaine de la part de ses dirigeants, aussi sympathiques puissent-ils paraître...

On m'a reproché d'avoir écrit ce livre maintenant «... tu sais ce n'est pas le bon moment, la conjoncture n'est pas favorable... » Pour nous ce n'est de toute façon jamais le bon moment. J'éprouve une profonde émotion à l'idée que moi, qui n'ai jamais pu ou su aller vers les autres, à cause de ce sentiment de culpabilité qui me paralysait, puisse par cet ouvrage communiquer avec toutes ces personnes, ces lecteurs, qui auront mon livre en main, je les remercie très sincèrement de leur intérêt ! J'ai écris ce livre sans la bénédiction de « la conjoncture » parce que tout simplement, à un moment donné j'ai eu envie d'écrire. Et surtout parce que aujourd'hui, je l'avoue, je ne me sens plus coupable de rien. Aniss A


(c) Adventice
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# Posté le mardi 19 septembre 2006 09:29

Economiseur d'écran

Une petite parenthèse comme j'en ferais beaucoup à l'avenir:

Voilà un économiseur d'écran que je vous conseille, très sympa, garanti sans virus, regroupant 31 photos d'Algerie de Cyril Preiss ( ses galeries de photos sont à voir absolument!)

http://www.cyrilp.com/algerie.scr
Economiseur d'écran
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# Posté le mardi 19 septembre 2006 11:09

Modifié le mercredi 20 septembre 2006 01:31